

Quels poissons mangerons-nous demain ? Qu'en est-il de la biodiversité globale des océans ? Quel est l'impact du réchauffement climatique sur la ressource ? La conférence (de haute tenue) organisée jeudi soir par le CPIE entrait dans le cadre d'un projet transfrontalier, avec la Belgique, d'éducation à l'environnement. « Nous partageons avec nos voisins le même littoral, la mer est une », a souligné Armelle Rofidal, la présidente du CPIE. Pas étonnant, dès lors que des scientifiques comme Francis Kerckhof, du département de l'Institut royal des sciences naturelles, soit présent à cette soirée. Son propos s'est en partie articulé sur un fait méconnu : la découverte, récente, d'une présence massive au XIX e siècle d'huîtres plates au large des côtes belges ! « Le biotope de la mer du Nord a subi, depuis, de lourdes modifications », remarque-t-il.
Parmi les autres intervenants, Laurent Soulier, de l'Institut des milieux aquatiques de Bayonne, a, quelques minutes plus tôt, dressé un tableau complet du monde de la pêche en France : 5 232 navires en 2006 dont 3 900 de moins de 12 mètres 17 000 pêcheurs 799 millions de tonnes capturées ce qui représente 1629 millions d'euros de chiffre d'affaires. Et si l'on compare la France avec les autres pays, on constate que 0,65 millions de tonnes de vif sont capturées contre 17,36 Mt par la Chine, 4,92 Mt par les USA ou encore 0,85 Mt par l'Espagne. Rejoint par Francis Kerckhof sur ce sujet, le scientifique a ainsi abordé la question de l'impact de ces prélèvements sur la ressource halieutique en général. « Des études ont montré qu'entre 1900 et 1990, globalement, les gros poissons ont plutôt disparu », illustre Laurent Soulier. Avec +0,6°C observé en un siècle, la question du réchauffement climatique est également à prendre en compte. « C'est considérable !, poursuit-il. Les poissons des eaux froides sont moins nombreux, tandis que ceux des eaux plus chaudes se développent. » Qui sait, par exemple, que depuis maintenant plusieurs années, des poissons tropicaux s'installent au large de Dunkerque ? Des soles sénégalaises, daurades jaunes et autres poissons lunes qui ne venaient qu'en « vacances » ont désormais élu domicile près de chez nous.
Pollution, surpêche, pressions sur le monde marin : l'axe de réflexion majeur demeure celui de la raréfaction de certaines espèces. Si l'on s'accorde à dire que hareng, cabillaud, raie, espadon, rascasse ou encore thon rouge sont aujourd'hui en danger, on incite de plus en plus les consommateurs à s'orienter vers les « délaissés », dits poissons durables : le lieu noir, le bar sauvage, le maquereau pour les arrivages nationaux (Atlantique Nord Est), la limande sole, le grondin rouge, la petite roussette, la seiche, la sole ou la plie pour les arrivages locaux de la Manche et de la mer du Nord.
B. C.
> Renseignements : www.nausicaa.fr.
Soyez le premier à donner votre avis