

Un piège à moustiques produisant du gaz carbonique a été testé cette semaine à Cysoing. : La Voix du Nord PAR CARINE BAUSIÈRE ET FRANCK BAZIN
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Depuis quatre ans, les habitants de la Pévèle, surtout ceux du val de Marque autour de Cysoing, ont leurs étés gâchés par des moustiques aussi nombreux qu'agressifs : à peine le temps de commencer l'interview d'une victime que déjà quatre ou cinq moustiques se sont posés sur le visage, les bras... Le phénomène a été pris en charge par les pouvoirs publics, particulièrement le conseil général du Nord. En 2007, une politique de destruction des larves par des agents biologiques avait été assez efficace. Cette année, la crise est plus aiguë que jamais : la réunion de la communauté de communes du Pays de Pévèle (CCPP) du 8 juillet à Cysoing a été bruyamment perturbée par des riverains à bout de nerfs.
Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer l'échec de la prévention : les pluies du printemps ont formé de nouveaux gîtes larvaires non recensés et, surtout, les techniciens chargés des pulvérisations n'ont pas accès à de vastes étendues privées dans le secteur des marais de Fretin.
La vie quotidienne est tellement perturbée que les habitants veulent à tout prix des solutions. Certains réclament d'inenvisageables, économiquement et écologiquement, pulvérisations d'agents chimiques par voie aérienne.
D'autres ont proposé la mise en oeuvre de pièges à moustiques, les bonbonnes, qui attirent les insectes en produisant du gaz carbonique à partir de gaz butane.
Elles sont utilisées en Camargue où les départements du Gard et de l'Hérault se sont associés, au sein de l'Entente indépendante sur la démoustication. René Auguste en est l'un des responsables : « Le plus efficace, c'est le traitement préventif, avec des larvicides biologiques. Il nous arrive quand même d'utiliser les bonbonnes pour capturer des moustiques adultes dans le cadre d'études. Elles sont assez efficaces dans un petit rayon, chez un particulier ou un petit camping. C'est vrai qu'elles peuvent capturer énormément de moustiques : dans une zone non démoustiquée, en 24 heures, la bonbonne en avait piégé 280 000 ! » Pendant deux jours, un test a eu lieu à Cysoing. Les habitants du site ont eu un sentiment d'apaisement. Hier midi, on comptait 150 moustiques dans le piège.
Luc Monnet, président de la CCPP, était très circonspect jeudi : « La CCPP serait-elle susceptible d'acheter ce type de matériel ? La réponse est clairement non, ce n'est pas dans nos compétences. Et ce produit, qui marche au gaz, n'est pas très développement durable. Et c'est un procédé extrêmement coûteux. » Le maire de Cysoing, Benjamin Dumortier, a été convaincant. La CCPP a annoncé vendredi qu'elle financerait 50 % des bonbonnes (de 449 E à 1 135 E pièce) qu'achèteront les communes : « Nous en achèterons une quinzaine pour Cysoing, précisait M. Dumortier, pour créer une ligne de front. Mais là, on n'est plus dans le préventif, on est dans le palliatif. » Aujourd'hui, la CCPP doit recevoir des bracelets imprégnés d'un antimoustique. Pour en obtenir, les habitants des communes concernées peuvent s'adresser à la communauté.
> CCPP : 03 20 79 20 80.
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